portrait noir et blanc istanbul

Photographier mon premier portrait

Aujourd’hui, je vous dévoile un article un peu plus personnel sur ma première photo de portrait et ce qu’elle a fait émerger dans ma pratique de la photographie.


Cette photo a été prise en 2015, à Istanbul, lors d’un voyage plein de découvertes, de rencontres, de kilomètres à pied et de courtes nuits. Cette photo est celle de mon ami Antoine.

 

C’est le premier portrait dont je suis fier, mon premier déclic qui m’a encouragé à poursuivre dans le photoreportage.

Avant de vous en dire plus sur cette image, il me semble important de vous décrire mon approche de la photographie documentaire.

Comment appréhender la photographie documentaire

Photographier des personnes est un vrai défi, en tout cas pour moi. C’est avant tout oser s’approcher pour capturer un regard et ne pas le dévier du sien quand on le croise. 

 

Le portrait tel que je le conçois consiste à vous révéler le plus naturellement possible. Il nécessite à la fois une certaine discrétion mais également une proximité avec vous pour vous livrer des images en pleine action, en évitant les sourires figés et les poses qui rendent le cliché impersonnel et sans caractère.

Quel matériel utiliser pour le photoreportage

Volontairement je ne vais pas m’étendre sur le matériel et la technique photo. Vous trouverez des personnes bien plus pédagogues que moi pour vous les expliquer, à travers des workshops et des tutoriels. Je vous invite à faire un tour sur ces deux sites grâce auxquels j’ai beaucoup appris : https://www.empara.fr et  https://www.funquatre.com

 

Pour les petits curieux et les plus experts, je shoote à grande ouverture (principalement entre F1.4 et F2.8), pour obtenir de beaux flous d’arrière-plan qui permettent de détacher le sujet et ainsi le mettre en évidence. Côté matériel, j’utilise deux boîtiers hybrides – Nikon Z6 et des objectifs fixes : Sigma art 24mm F/1.4 Art,   NIKKOR Z 50 mm f/1.8 S, AF-S NIKKOR 85mm f/1.8G. 

 

Je vais m’arrêter là et vous parler de mon approche sensible de la photographie de portrait et de famille.

Mon approche sensible du photoreportage

Lors de mes débuts en photographie, je n’osais pas faire de portraits, même de ma famille et de mes amis. Je me complaisais à photographier des paysages : mes promenades au bord de la mer, mes découvertes lors de mes voyages, mes balades dans Nantes, n’osant pas photographier  les gens ou alors de loin et sans être vu. Ces images aux rendus parfois intéressants manquaient d’honnêteté, d’âme, d’un regard… 

 

Ce séjour à Istanbul m’a permis de franchir un cap dans la photographie documentaire. Cette approche telle que je la conçois, c’est avant tout ne jamais se cacher, mais se fondre dans une ambiance, comme se faufiler parmi les invités pendant un mariage ou tout simplement passer un moment avec vous et vos enfants. C’est être acteur de vos moments de vie.

L’histoire de mon premier portrait à Istanbul

Le portrait d’Antoine, comme les autres photos de cet article, ont été prises à Istanbul, cette mégalopole cosmopolite, immense, pleine de couleurs, d’odeurs, de bruits et parfois déroutante entre les quartiers traditionnels et les autres plus occidentales.


Pour en revenir à la photo de mon ami, je l’ai photographié sur un des nombreux ferries qui desservent les quartiers d’Istanbul. Ce matin-là, la fatigue était toujours présente après une courte nuit. Nous avions décidé de découvrir les rives du Bosphore, au départ de l’embarcadère d’Eminönü jusqu’au quartier d’Ortaköy. 

 

Adossés au bastingage du bateau un peu bruyant, nous admirons les petits et grands palais ainsi que les petites maisons à flanc de collines ; je prenais des photos sans trop réfléchir. Et puis, j’ai vu mon ami, le regard pensif à quelques mètres, sa barbe de quelques jours, son blouson en cuir : un vrai rockeur ! J’ai pris plusieurs photos à côté de lui, sans qu’il s’en aperçoive, j’ai testé des réglages souvent maladroits. Saisir ce moment fut l’élément déclencheur : photographier mon ami rêveur faisait sens pour moi. 

 

De mon point de vue, la photographie documentaire, c’est : ne jamais se cacher, se montrer, prendre son temps pour se faire accepter et capturer le naturel des gens.

La première photo suivi d’une longue série...

Le reste du voyage, je n’étais toujours pas très à l’aise pour me rapprocher des passants, mais j’ai continué à photographier la ville sous tous ses angles ; en rangeant parfois mon appareil pour respecter les habitudes dans certains quartiers, en m’amusant dans d’autres comme dans le grand bazar, un vrai labyrinthe animé par des commerçants très souriants que je ne me suis pas privé de photographier.

 

Je vous montre ces photos prises la veille de notre départ, nous nous sommes rendus dans le quartier d’Üsküdar et avons terminé sur ce quai donnant sur le Bosphore, le lieu de rencontre et de ressourcement des habitants de cette mégalopole complètement déroutante. J’ai pris cette photo de ce couple, de ces hommes et femmes, pensifs face aux passages incessants des petits bateaux et grands cargos.

Une passion devenue mon métier

Au retour de ce voyage, j’ai mis un peu de temps à poursuivre sur ma lancée… jusqu’au jour où un couple d’amis m’a demandé d’être le photographe de leur mariage (lien vers l’article), un beau défi ! J’ai pris énormément de plaisir à documenter cet événement et ces gens si heureux. C’était en 2017, mais je crois que je me souviens de chaque seconde de ce mariage (et pourtant j’ai mauvaise mémoire).  Ce fut  l’élément déclencheur pour mon métier passion de photographe, celui de photoreporter de mariage et de famille. 

Ma vision du photo reportage est à l’opposé de celle d’un paparazzi, autrement dit de la photo “volée”. Faire de la photo c’est surtout du ressenti, de la bienveillance et de l’écoute. C’est aussi savoir poser son appareil, regarder ce qui nous entoure et parfois s’effacer pour ne pas perturber un moment ou tout simplement respecter les choix des personnes.

 

Vous l’aurez compris, je suis un photographe profondément attaché à  faire ressortir votre spontanéité et votre naturel. La photographie figée derrière un fond opaque, ce n’est pas pour moi. En revanche, si vous voulez courir, sauter, vous enlacer, alors je vous attends !

Vos premières photographies de portrait

Paskal Le SAUX - photographe de mariage

Parlez moi de votre premier portrait :

Je ne me souviens plus précisément de mon premier portrait mais je sais qu’il m’a fallu énormément de temps avant d’intégrer de l’humain dans mes photos. Aujourd’hui, cette appréhension a totalement disparu, je dirais même que l’humain et l’émotion sont au coeur de ma pratique photographique.

Je me souviens tout de même des premiers portraits que j’ai pu faire de façon très maladroite surtout concernant la direction du modèle et la gestion de la lumière. Le portrait n’est pas, selon moi, un exercice technique difficile. Les principaux paramètres à gérer (après les réglages boitier) sont la lumière, l’arrière plan et enfin la connexion permanente avec le modèle …. et ce dernier paramètre ne s’apprend pas dans les cours photos car chaque modèle par définition est unique et donc le photographe doit à chaque fois s’adapter pour obtenir une photo naturelle, juste.

Partagez l’expérience de votre premier portrait

En rédigeant cet article, je me suis rappelé des discussions que j’ai eues avec certains d’entre vous, photographes amateurs et professionnels. Je sais que beaucoup se reconnaissent dans ce billet, alors si vous souhaitez parler de votre premier portrait, je vous invite à m’envoyer votre témoignage, je l’intégrerai à la suite de celui-ci.